Historique de la vie de Hadj Bachir Cheraka

Il est de notoriété publique qu'une proposition de candidature à l'attribution d'un nom, pour toute infrastructure quelle qu'elle soit, obéit à des critères rigoureusement exigeants, et surtout pas de népotisme.

Feu hadj Bachir cheraka est de cette race d' homme, dont le parcours sportif, de militant et de citoyen populaire, répond on ne peut mieux à de telles exigences. Jugeons-en.

Dès son jeune âge, étant chef de bande dans le quartier de Medioni, il fut repéré et approché par Ahmed Zabana par le biais de Abdelkader Toua, qui était un ami proche de ce dernier. Ainsi toute la bande fut enrôlée pour la cause. Son passage au sein des scouts musulmans, avec Hammou Boutlelis, Dadi Bessol et tant d'autres, lui forgeât une authentique conviction patriotique.

En 1947, à 19 ans, son niveau en boxe, lui exigeât l'exil à Paris. Où il commençât une carrière fulgurante, après sa participation aux jeux olympiques de Londres. En 1948, il n'y avait que deux algériens dans la délégation. Il passa professionnel en 1949, boxa dans le cadre des championnats de France, en Normandie, dans le fief de son adversaire, Guivarche, et en plein jeûne du ramadhan. Il n' était pas question qu'il rate un jour de ramadhan, même pour un championnat de France professionnel. Il fut le premier boxeur algérien à combattre dans le mythique MADISON SQUARE GARDEN de NEW YORK.

Malgré tout , dès qu'Oran l' appelait, il rappliquait sans se poser de questions. Il boxa au stade Magenta ou Calo où il donna des leçons à ses adversaires . C'était déjà sa révolution. Tout ses déplacements sur Oran étaient à titre gracieux.

Après l' appel du FLN, il ne fallait plus que les sportifs algériens soulèvent le drapeau français. Le trio Cheraka, Khalfi, Goudih se dispersa. Ces deux derniers allèrent aux Etat Unis tandis qu'il rejoignait sa ville natale, dès 1955.

Deux ans d'activité au sein du fidah oranais lui valurent d'être arrêté en 1957. Incarcéré au camp d'Arcole, pendant 1 an et demi, et transféré, après avoir échapper à la mort grâce à sa notoriété de sportif , au camp de Tifichoune, près d'Alger. Là, il côtoya les plus grands de la révolution pendant un an et demi.

Toujours grâce à sa notoriété et à des hommes qui travaillaient pour la cause, il fut relâché et exilé vers Tlemcen pendant un an. On lui proposa le poste de responsable du palais des sports d'Oran en 1960. Poste qu'il accepta , puisqu' il pouvait revenir sur Oran. Sous surveillance il continuât ses activités secrètes entre les quartiers de Medioni, Hamri et la ville nouvelle, en faisant participer même sa femme, d'origine française, pour circuler plus librement. Il échappa à un attentat de l'OAS en 1962, mais perdit son cousin et frère LE CHAHID Ahmed Cheraka

A l'indépendance, sa modestie ne lui permettra point de quitter son poste au palais des Sport, où il forma La première section d'agents de police d'Oran. Il créa le club de boxe du SCMO, où il rafla tous les titres de champion d'Algérie toute catégorie avec son écurie et ce pendant une bonne décennie. Il resta au service des oranais toute sa vie délaissant sa vie professionnelle. Il a été l'enfant d'Oran mais on peut dire qu'il en était aussi le père tant sa générosité et son grand cœur rayonnaient sur la ville.